Tumeurs du système nerveux central
APERÇU
On distingue le système nerveux central (SNC), composé du cerveau, du cervelet et de la moelle épinière et le système nerveux périphérique, fait de l’ensemble des nerfs qui parcourent le corps ainsi que des structures qui entourent le système nerveux. Les tumeurs du système nerveux sont rares : leur fréquence ne dépasse pas les quarante à soixante pour cent mille. La majorité d’entre elles, surtout celles du système nerveux central, sont malignes. En Belgique, ce type de tumeur représente moins de 2 % de l’ensemble des cancers. Chez l’enfant, les tumeurs du SNC constituent la première cause de mortalité par cancer. Les causes responsables du développement de ces tumeurs restent majoritairement inconnues. Les rayonnements ionisants se situent en premier rang des facteurs de risques des tumeurs cancéreuses. L’impact des ondes émises par les téléphones cellulaires sur notre cerveau est débattu dans la communauté scientifique.

SYMPTOMES
Quatre signes peuvent évoquer une tumeur au niveau du cerveau: une hypertension intracrânienne (maux de tête, nausées, vomissements et altérations visibles à l’examen du fond de l’œil), des manifestations d’épilepsie, des déficits moteurs (faiblesse dans une partie du corps) et des troubles cognitifs (troubles de la mémoire et confusion). Pas de panique toutefois : l’immense majorité des maux de tête, par exemple, n’a rien à voir avec les tumeurs du cerveau. Des picotements ou une perte de force dans un membre ou plusieurs membres ou dans un segment du corps constituent des signaux d‘appel d’une tumeur du système nerveux périphérique mais ces signes peuvent aussi survenir dans bien d’autres affections.
DIAGNOSTIC
Outre les examens classiques d’imagerie médicale et l’analyse au microscope des tissus prélevés, l’outil de choix pour le diagnostic des tumeurs du SNC est l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Cette technique non invasive et sans effets secondaires fournit des images de grande précision en 2D et parfois même en 3D. D’autres techniques d’imagerie complémentaires existent, tel que le Pet Scan, et aident à planifier au mieux l’intervention chirurgicale à visée diagnostique et/ou thérapeutique.
TRAITEMENT
Les patients souffrant d’un cancer au niveau du SNC sont pris en charge par une équipe multidisciplinaire où neurochirurgiens, neuroradiologues, neuroendocrinologues, neurologues, oncologues médicaux, anatomopathologistes et radiothérapeutes abordent ensemble le cas de chaque patient afin de déterminer le traitement le mieux adapté à chaque situation.
Le traitement premier de la plupart des tumeurs primitives du cerveau est la chirurgie. Plus de 200 patients sont opérés chaque année aux Cliniques universitaires Saint-Luc, pour des tumeurs malignes et bénignes du système nerveux. Dans cette institution, a été élaboré un complexe chirurgical ultra-moderne, qui restera encore pour plusieurs années au moins au top mondial. Une salle d’IRM à très haut champ est couplée à la salle de neurochirurgie. Cela permet de vérifier la qualité de l’intervention alors même qu’elle n’est pas terminée.
Les techniques chirurgicales ont bien évolué ces dernières années. La neuro-navigation, utilisées depuis 11 ans, permet de pratiquer une chirurgie assistée par ordinateur. L’appareil projette les données dans les oculaires du microscope dont le chirurgien se sert pour opérer. C’est un peu comme le GPS du chirurgien. On peut ainsi localiser une lésion avec grande précision et connaître exactement, via l’écran de l’ordinateur, la position des instruments du neurochirurgien dans le cerveau du patient et déterminer très précisément le chemin vers la cible choisie. Cette technique est utilisée essentiellement pour les pathologies nécessitant une précision millimétrique, comme lorsqu’on opère les tumeurs cérébrales. Les bénéfices de cette méthode chirurgicale pour le patient sont importants car son confort est nettement amélioré. De plus, grâce à la précision millimétrée de ces interventions, on arrive à mieux cibler la zone d’intervention à pratiquer des ouvertures plus petites. Les risques sont donc limités, le réveil est plus rapide et la durée d’hospitalisation est moins longue.
Un équipement unique au monde est constitué d’une salle d’IRM à très haut champ couplée à la salle de neurochirurgie. La neuro-navigation est devenue une pratique courante.

Souvent la tumeur ne peut être retirée complètement de part son infiltration et le risque d’imposer des séquelles trop importantes au patient. Une radiothérapie post-opératoire est dès lors souvent indiquée. Grâce aux développements de l’imagerie et de l’informatique, le volume à traiter ainsi que les organes à risque sont délimités précisément permettant la mise en place (en 3 dimensions) des faisceaux d’irradiation de telle manière à délivrer une dose homogène au volume tumoral tout en protégeant les tissus sains avoisinants. En neuro-oncologie, la technique d’irradiation par le Hi-Art de Tomothérapie est principalement utilisée pour traiter les tumeurs de la base du crane. Cet appareil permet d’une part une irradiation encore plus ciblée et d’autre part une très haute précision de traitement. Seuls quelques centres, dont le nôtre, possèdent cet appareil en Belgique. Pour en savoir plus sur le Hi art, cliquez ici .
L’apparition de nouveaux agents de chimiothérapie efficaces dans le traitement des tumeurs cérébrales a modifié radicalement le traitement de ces cancers. Ces chimiothérapies peuvent être administrées concomitamment à la radiothérapie dans le traitement de certaines tumeurs ou en complément après celle-ci. L’administration de ces chimiothérapies augmente la survie des patients mais également leur qualité de vie.
Une autre révolution dans le traitement des tumeurs malignes du cerveau est l’arrivée des thérapies ciblées. Certains médicaments détruisent spécifiquement les cellules tumorales en interagissant avec des récepteurs exprimés sur les cellules tumorales ou leurs ligands (Anti-EGF). D’autres molécules ciblent spécifiquement les vaisseaux qui nourrissent les tumeurs (Anti-VEGF).
Un autre axe de développement est l’identification de signature génétique comme facteurs pronostic et prédictif de la réponse à une chimiothérapie (méthylation de la MGMT, perte chromosomique : 1p19q).

RECHERCHE
Les recherches en oncologie de l’équipe de neuroradiologie du département d’imagerie médicale portent principalement sur deux thèmes. Le premier est la définition de la meilleure cible de biopsie cérébrale afin de guider le neurochirurgien dans son geste et de pouvoir déterminer le plus précisément possible le grade d’une tumeur avant traitement. Le second thème est de préciser en cours de traitement les effets thérapeutiques de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie afin d’adapter le traitement en fonction des résultats. Dans ces deux thèmes, l’imagerie de perfusion est le centre de nos recherches : une imagerie par résonance magnétique d’un millier de coupes, acquise en une minute pour déceler le degré de néo-vascularisation tumorale.


