Tumeurs de l'appareil urinaire
Les cancers des voies urinaires comprennent principalement le cancer de la prostate, du rein et de la vessie.
LE CANCER DE LA PROSTATE
Aperçu
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Sa croissance est généralement lente et les symptômes ne surviennent parfois qu’après plusieurs décades.
Le risque de cancer de la prostate augmente avec l’âge et lorsque d’autres cas ont été observés dans la famille. En Belgique, le nombre annuel de nouveaux cas est de 9000.
L’attitude thérapeutique la plus appropriée à chaque malade doit être définie à l’issue d’une réflexion impliquant les experts de plusieurs domaines car il n’est pas toujours aisé de prédire l’évolution de ce cancer.
Symptômes et dépistage
Le cancer de la prostate ne provoque généralement pas de symptômes, sauf à un stade avancé où des manifestations urinaires (difficultés pour uriner, besoins fréquents d’uriner) ou osseuses (douleurs dans les os, fractures) peuvent survenir.
Les symptômes étant absents au stade débutant, le diagnostic précoce de la maladie nécessite un dépistage.
Ce dernier comprend, outre la palpation de l’organe par un toucher rectal, une mesure de la concentration du PSA (prostate specfic antigen) dans le sang. Le PSA est spécifique de la prostate mais pas du cancer. En d’autres termes, une augmentation de sa concentration peut être due à une autre maladie de la prostate, comme une infection.
C’est la raison pour laquelle l’utilisation du PSA est tellement contestée. Heureusement de nouveaux tests sont à l’étude, comme par exemple la recherche de cellules cancéreuses dans les urines (Test PCA3), disponible aux Cliniques universitaires Saint Luc (Figure1).

Traitement
Un cancer découvert à l'occasion d'un dépistage n'impose pas toujours un traitement d'emblée. Dans certains cas, la maladie est peu agressive et n'aura pas de conséquences. Dans d'autres, la probabilité d'une évolution rapide est élevée et un traitement est requis dès le diagnostic.
Il convient donc, d'une part de définir l'attitude la plus adéquate en fonction des caractéristiques du cancer qui a été découvert, d'autre part de s'assurer que l'attitude adoptée préservera au mieux la qualité de vie du patient.
A un stade plus avancé, le traitement consiste essentiellement en un traitement anti-hormonal. De nouveaux médicaments sont utilisés dans le cadre d’études menées par notre centre en collaboration avec d’autres centres européens et américains. Des investigations portent sur l’intérêt d’un traitement combinant hormonothérapie et chimiothérapie.

La préservation de la qualité de vie demeure une préoccupation majeure, quel que soit le traitement retenu, et il est donc utile de pouvoir la mesurer de manière fiable. L’ablation de la prostate pratiquée dans les formes localisées de la maladie peut entraîner, outre des troubles sexuels, une incontinence urinaire. L’équipe pluridisciplinaire qui se consacre au cancer de la prostate a élaboré des outils qui permettent de déterminer le risque d’une telle complication, et, si elle venait à survenir, de quantifier son impact sur le bien-être et de la corriger.
L’efficacité de l’hormonothérapie, qui constitue l’essentiel du traitement au stade avancé, est associée à un risque d’effets secondaires tels que des bouffées de chaleur ou une diminution de la puissance sexuelle. Les experts du groupe pluridisciplinaire ont mis sur pied une campagne nationale de communication visant à informer les médecins et quelques 22.000 patients sur les effets de l’hormonothérapie.

“MonCoach”, un programme original et interactif, destiné à aider les patients atteints d’un cancer de la prostate traité par hormonothérapie.
Il très important que les patients soient informés de ces effets secondaires et adoptes des mesures hygiéno-diététiques, incluant des exercices spécifiques, pour minimiser l’impact de ces effets secondaires.
« Mon Coach » a été développé spécifiquement pour ces patients par les Prof. Bertrand TOMBAL, Service d’Urologie, et Prof. Marc FRANCAUX, Institut d’Education Physique. Le programme comprend un guide « Comprendre et agir » publié aux éditions Vivio et un DVD interactif comprenant des programmes d’exercices.
Le programme est soutenu par la firme AstraZeneca et disponible auprès de tous les urologues. Un guide spécifiquement destiné aux médecins généralistes est en préparation.
LE CANCER DU REIN , DE LA VESSIE ET DU TESTICULE
Le cancer du rein, une tumeur rare, provoque peu de symptômes et est souvent découvert par hasard, à l’occasion d’un examen radiologique. Il peut être favorisé par une prédisposition génétique.
La chirurgie a longtemps constitué la seule arme thérapeutique et demeure l’option de choix lorsque le cancer n’est pas étendu. Elle consiste en une ablation du rein (néphrectomie), généralement partielle car les cancers découverts aujourd’hui sont de petite taille. La néphrectomie partielle est moins lourde que la néphrectomie complète ou radicale et est dès lors mieux tolérée.
L’arrivée de thérapies ciblées, médicaments capables de cibler les mécanismes intimes grâce auxquels le cancer du rein se développe, a constitué une étape marquante dans le traitement de la maladie au stade avancé. Ces traitements sont disponibles dans notre centre.
Le cancer de la vessie se déclare souvent par la présence de sang visible dans les urines. Ce symptôme, qui peut également être observé dans d’autres pathologies, impose une consultation dans les meilleurs délais. Le principal facteur favorisant du cancer de la vessie est le tabagisme.
Ce cancer, un peu plus fréquent que celui du rein, se traite au stade localisé soit par une résection des lésions superficielles, soit par l’ablation de la vessie (cystectomie). En cas de métastases, le traitement constitue en de la chimiothérapie.
Le cancer du testicule est le cancer le plus fréquent chez le jeune adulte. Le taux de guérison est important et nécessite une prise en charge pluridisciplinaire.



