Tumeurs gynécologiques pelviennes
Réunion de Concertation Multidisciplinaire
Discussion des dossiers tous les mercredis de 17h à 17h30Besoin d'un renseignement?
Le pelvis est localisé dans la partie inférieure de l'abdomen et contient plusieurs organes. Chez la femme, cette région anatomique comprend, entre autres, l'utérus et les ovaires. L'utérus est constitué de deux parties: une partie inférieure, le col, et une partie supérieure où se déroule la grossesse, le corps. L'endomètre est la muqueuse, ou revêtement, situé dans la cavité du corps de l'utérus.
Le cancer de l'endomètre est plus fréquent que le cancer de l'ovaire, lequel est par ailleurs plus répandu que le cancer du col de l'utérus.
SYMPTOMES, DEPISTAGE ET DIAGNOSTIC

Cancer du col de l'utérus
Il existe un examen de dépistage efficace permettant de détecter les lésions précancéreuses: le frottis cervico-vaginal.
Le frottis consiste à prélever, à l'occasion d'un examen gynécologique, des cellules superficielles du col de l'utérus. Ces cellules sont ensuite examinées au microscope. Le cancer du col de l'utérus étant d'évolution lente, un suivi gynécologique régulier permet de le dépister à un stade très précoce.
Le dépistage par frottis commence à 25 ans. L'examen est renouvelé tous les trois ans.
Le cancer du col de l'utérus est dû à un virus appelé HPV ou « human papillomavirus », transmis au cours des rapports sexuels.
L'HPV est très répandu. Il ne provoque toutefois un cancer que dans une minorité de cas. Le risque n'est toutefois pas à négliger et la vaccination contre l'HPV revêt dès lors une grande importance. Ce virus étant transmis lors des rapports sexuels, il est important de vacciner les jeunes filles le plus tôt possible, c'est-à-dire avant les premiers rapports sexuels.
A l'heure actuelle, ce vaccin est remboursé (coût public de 130 €, si intervention de l'INAMI : 10 € par injection) entre 12 et 18 ans inclus. La vaccination nécessite trois injections.
Ce vaccin pourrait éviter 70 % des cas de cancer du col. L'absence de protection à 100 % impose de réaliser ou poursuivre un dépistage même après vaccination. Pour les jeunes patientes de 16 ans et plus, l'attitude concernant la vaccination doit être discutée avec votre médecin (médecin de famille, pédiatre, gynécologue, ...).
Le cancer du col présente peu de symptômes, raison pour laquelle un suivi régulier est important. Il est diagnostiqué assez aisément au moyen du frottis et d'un examen gynécologique.
Cancer de l'endomètre
La survenue du cancer de l'endomètre est favorisée par l'obésité, l'hypertension artérielle et le diabète. Le cancer de l'endomètre se présente par des pertes de sang anormales. Si les examens sont réalisés lors des premiers symptômes, il s'agit d'un diagnostic précoce dans la plupart du temps et donc d'un bon pronostic.
Le cancer de l'endomètre apparaît généralement au-delà de 50 ans.
La réapparition de pertes de sang à la ménopause ou la survenue de pertes de sang entre les règles chez une femme qui n'est pas ménopausée est parfois révélatrice. Ces manifestations justifient une consultation médicale qui permettra de poser rapidement un diagnostic.
Le diagnostic de cancer de l'endomètre est posé grâce à un examen biopsique : une petite partie de la zone suspecte est prélevée et examinée au microscope. Le prélèvement a lieu à l'occasion d'une « endoscopie », ou plus précisément, d'une « hystéroscopie », examen qui consiste à introduire par le vagin un guide équipé d'une petite caméra à son extrémité.
Cancer de l'ovaire
Il n'existe pas à proprement parler de facteur de risque du cancer de l'ovaire. Si des facteurs génétiques peuvent intervenir, la plupart des cas surviennent chez des femmes sans antécédents particuliers, à la ménopause ou au-delà.
Le diagnostic du cancer de l'ovaire à un stade précoce n'est pas aisé. L'affection peut se traduire par des douleurs abdominales. La confirmation du diagnostic requiert une biopsie réalisée à l'occasion d'une « laparoscopie » ou « coelioscopie ». Cette technique peu invasive permet de visualiser l'intérieur de l'abdomen et d'y réaliser des prélèvements ou des traitements chirurgicaux, sans ouvrir la paroi abdominale. Elle augmente le confort des malades et diminue la durée de la convalescence.

TRAITEMENT
Le traitement du cancer de l'endomètre consiste généralement en une hystérectomie ou ablation complète de l'utérus. Au Centre du Cancer, cette intervention est réalisée depuis de nombreuses années par laparoscopie. L'ablation de l'utérus par laparoscopie, ou coelioscopie, permet de limiter la durée d'hospitalisation à environ quatre jours. Elle requiert un apprentissage spécifique et une grande expérience.
Les cancers de l'endomètre étant diagnostiqués précocement chez les femmes qui se soumettent à un examen gynécologique régulier, ils ne nécessitent généralement pas de traitement complémentaire. Une radiothérapie focalisée sur le petit bassin est parfois entreprise lorsque la tumeur présente un risque de récidive.
Le cancer du col est également traité par une hystérectomie, généralement plus étendue dès lors qu'elle s'accompagne souvent de l'ablation des ganglions avoisinants. La radiothérapie associée à la chimiothérapie complète dans certains cas le geste chirurgical. L'identification précise des limites de la tumeur permet également de mieux cibler une éventuelle radiothérapie complémentaire.
Certaines femmes souhaitent préserver leur fertilité. Une ablation partielle de l'utérus, lorsqu'elle est possible, vise à répondre à ce souhait. La mise au point, qui repose en grande partie sur l'endoscopie, permet de préciser l'étendue du cancer et de statuer sur la possibilité de maintenir en place une partie de l'utérus, sans enlever l'organe dans sa totalité.
Enfin, le traitement du cancer de l'ovaire repose généralement sur la combinaison de la chirurgie et de la chimiothérapie.
Les nouvelles thérapies ciblées sont utilisées dans le cadre de larges études internationales auxquelles les centres de référence, comme le Centre du Cancer, prennent une part active.
Un traitement optimal requiert une approche pluridisciplinaire
L'association fréquente des différentes armes thérapeutiques que sont la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie illustre la nécessité de définir correctement les caractéristiques du cancer. Cette démarche permet d'établir le programme de soins et la séquence des différents traitements. Elle requiert le concours de spécialistes en imagerie ou en microscopie capables d'apprécier l'agressivité du cancer et son étendue.
Les réunions multidisciplinaires hebdomadaires organisées au Centre du Cancer concernent donc tous les spécialistes impliqués dans le diagnostic et le traitement des tumeurs gynécologiques. Elles permettent de dégager l'attitude thérapeutique la plus appropriée à chaque patiente, en conformité avec les standards de soins actuels.
PRESERVATION DE LA FERTILITE ET TRAITEMENTS ANTICANCEREUX
Les traitements anticancéreux, quelle que soit la localisation de la tumeur, se révèlent parfois délétères pour la fertilité des femmes. La cryopréservation de tissu ovarien réalisée au Centre du Cancer permet de pallier cet inconvénient. Elle consiste à prélever un fragment d'ovaire et à le congeler avant d'instaurer le traitement anticancéreux potentiellement délétère pour la fertilité. Au terme de ce traitement, le fragment d'ovaire est ré-implanté par coelioscopie. Pour en savoir plus sur cette technique, cliquez ici.

