Tumeurs endocrines et de la glande thyroïde

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EPIDEMIOLOGIE


Le cancer de la thyroïde est rare. Son incidence annuelle aux Etats-Unis oscille entre 2,2 et 3,5/1.000. Elle tend à augmenter au cours de ces dernières années, vraisemblablement en raison du raffinement des méthodes de diagnostic, lequel aboutit à la découverte de tumeurs qui passaient autrefois inaperçues.
Le cancer de la thyroïde est plus fréquent chez la femme. Il est favorisé par l’exposition accidentelle aux radiations ionisantes ainsi que par des facteurs génétiques.

La démarche conduisant au diagnostic de cancer de la thyroïde est subtile et la décision de procéder à une intervention chirurgicale est prise au terme d’une réflexion à laquelle participent tous les experts concernés : endocrinologues, radiologues, nucléaristes, pathologistes et, chirurgiens…Cette approche pluridisciplinaire permet de dégager l’attitude la plus appropriée pour chacun des cas discutés.

L’évolution du cancer de la glande thyroïde est lente et son pronostic favorable. Le risque de récidive, principalement dans les 5 à 10 ans, n’est toutefois pas nul de sorte qu’un suivi régulier s’avère nécessaire.

SYMPTOMES



Le cancer de la thyroïde est parfois visible ou palpable : il provoque un léger gonflement, comme une « boule », à la base du cou. Si la maladie est parfois responsable d’une raucité de la voix ou de troubles de la déglutition, elle est toutefois souvent découverte par hasard, lors d’un examen radiographique du cou réalisé pour un autre motif.






DIAGNOSTIC


Le diagnostic repose sur des techniques d’imagerie et sur la cytoponction à l’aiguille fine. L’échographie de la glande thyroïde livre des informations importantes sur les « nodules », de petites tumeurs qui se développent dans la thyroïde mais qui ne correspondent pas forcément à un cancer. L’échographie est donc couplée à la ponction du nodule à l’aide d’une fine aiguille et à une analyse au microscope des cellules ramenées par la ponction. Ces différents examens sont à réaliser avec beaucoup de rigueur, ceci afin de garantir leur fiabilité.

Dans certains cas, le bilan est complété par une scintigraphie. La scintigraphie consiste à injecter, par voie intraveineuse, une très faible quantité de produit radioactif capté par la thyroïde. Un instrument, placé à proximité du cou, détecte les rayonnements émis par le produit. La scintigraphie peut s’avérer utile pour mieux définir les caractéristiques du nodule. Les informations fournies par ces différents examens orientent le choix du traitement.

Les difficultés rencontrées dans l’approche diagnostique et thérapeutique du  cancer de la thyroïde ont poussé la communauté scientifique européenne à formuler des recommandations. Les experts du groupe pluridisciplinaire consacré au cancer de la thyroïde ont pris une part active dans l’élaboration de ces textes de consensus. Ils mènent par ailleurs plusieurs recherches sur les facteurs qui influencent l’évolution du cancer thyroïdien. L’identification de ces marqueurs permettrait d’affiner encore l’approche thérapeutique.

L’échographie thyroïdienne, la ponction des nodules, l’examen au microscope du produit de ponction et la scintigraphie sont les principaux examens diagnostiques du cancer de la thyroïde.


Cancer thyroïdien papillaire


TRAITEMENT


Le cancer de la thyroïde est généralement de bon pronostic. L’efficacité du traitement repose d’abord sur une approche chirurgicale performante. La chirurgie de la thyroïde, qui consiste en l’ablation complète de la glande (thyroïdectomie) est délicate eu égard à la proximité des cordes vocales et des glandes parathyroïdes. Les parathyroïdes sont des glandes de petite taille, très proches de la thyroïde, impliquées dans la régulation du calcium et du phosphore dans le sang. La dextérité du chirurgien permet de contrôler les risques potentiels de l’acte chirurgical.

L’administration d’iode radioactif complète souvent l’intervention. L’iode est indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes et l’iode radioactif est capable de détruire les quelques cellules de la thyroïde qui ont échappé à la chirurgie.
Le traitement complémentaire par radio-iode impose des mesures de radioprotection destinées à préserver l’entourage et l’environnement. Il nécessite une chambre d’isolement blindée dans laquelle le malade est hospitalisé durant deux à trois jours.

La chirurgie et l’iode radioactif conduisent généralement à la guérison du cancer. Le suivi, indispensable en raison du risque de récidive, est aisé et repose sur un test très fiable s’il est réalisé correctement, en l’occurrence le dosage de la thyroglobuline dans le sang.
La thyroglobuline est la protéine de stockage des hormones thyroïdiennes. Elle est produite de manière spécifique par les 
cellules de la glande thyroïde. Une thyroglobuline détectable traduit la persistance de cellules thyroïdiennes, cancéreuses ou non, tandis que l’absence de thyroglobuline et celle de tissu thyroïdien résiduel à l’imagerie sont considérées comme des signes de guérison.
Après ablation de la thyroïde, il est nécessaire d’instaurer un traitement de substitution en hormones thyroïdiennes.
Le traitement du cancer de la thyroïde continue à faire l’objet de multiples études internationales. La participation à ces études permet de proposer aux patients du Centre du Cancer une approche conforme aux progrès les plus récents.


Le traitement combiné par chirurgie et iode radioactif permet, dans 95 % des cas, de guérir le cancer de la glande thyroïde. Le risque de récidive impose toutefois un suivi.

 

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