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Découverte de portée mondiale en oncologie


Olivier Feron et Cyril Corbet, chercheurs au Pôle de pharmacologie et de thérapeutique de l’UCL, ont réalisé avec leurs collaborateurs une avancée inédite dans la compréhension du métabolisme des tumeurs.

 

 

Les cellules cancéreuses dévoilent une fragilité métabolique : plus une tumeur grandit, plus elle s’acidifie, plus elle devient dépendante des lipides comme source énergétique. Cette découverte publiée dans le prestigieux journal Cell Metabolism modifie considérablement la perception de la manière dont les cancers trouvent l’énergie pour se développer et offre des pistes thérapeutiques insoupçonnées à ce jour.


Cette étude initiée il y a plus de quatre ans révèle que les cellules cancéreuses classiquement décrites comme très avides de glucose pour subvenir à leurs principaux besoins énergétiques modulent leur source de nutriments en fonction des caractéristiques dites environnementales de la tumeur. On savait jusque-là que le déficit en oxygène (ou hypoxie) dans certaines régions des tumeurs justifiait l’utilisation préférentielle du glucose. En 2013, Olivier Feron et Cyril Corbet, chercheurs au Pôle de pharmacologie et de thérapeutique de l’Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCL ont postulé que l’acidité tumorale qui résulte entre autre de cette consommation de glucose était de nature à influencer à son tour le métabolisme des cellules cancéreuses. En reproduisant in vitro l’acidité ambiante des tumeurs (ou acidose), les chercheurs avaient déjà rapporté en 2014 qu’un acide aminé, la glutamine, était utilisé en lieu et place du glucose. La poursuite de ces travaux a abouti aujourd’hui à une double découverte caractérisant les cellules tumorales exposées à l’acidose : d’une part, la glutamine est utilisée pour produire - à l'intérieur de la cellule - les lipides nécessaires à la constitution des membranes et d’autre part, les lipides prélevés à l'extérieur de la cellule sous forme d’acide gras fournissent l'énergie nécessaire à la croissance cellulaire.


Les travaux menés par Cyril Corbet (post-doctorant dans le laboratoire d’Olivier Feron, UCL) démontrent de façon claire que l’acidité ambiante des tumeurs (10 fois plus acide que les tissus sains) n’est pas anodine : elle bouleverse complètement le métabolisme tumoral et par là, suscite des perspectives inattendues en termes de traitement. Les chercheurs montrent dans leur publication comment une même cellule cancéreuse peut capter des lipides disponibles dans son environnement pour en extraire l’énergie et simultanément en fabriquer. Il s’agit d’un dérèglement spécifique au cancer puisque dans les cellules des tissus sains, des systèmes de contrôle empêchent ce processus afin d’éviter qu’une cellule ne consomme les lipides qu’elle a elle-même produits. En conditions d’acidose, ce système est inactivé dans les tumeurs rendant possible la synthèse de nouveaux lipides et la production concomitante d'énergie: cette anomalie métabolique contribue largement à la croissance débridée des cellules cancéreuses.


Cette découverte ouvre la voie vers des traitements visant à bloquer l’utilisation exacerbée des lipides par les cellules cancéreuses. Dans leur article, les chercheurs apportent déjà la démonstration que de tels composés capables d’interférer avec la capture et la synthèse des lipides bloquent la croissance des tumeurs chez la souris. Ces découvertes vont à n’en pas douter stimuler la recherche de nouveaux médicaments anticancéreux d’un nouveau type.


Ces recherches ont été menées dans le cadre de projets financés grâce au soutien de la Fondation contre le cancer, du Fonds Maisin, d’une action de recherche concertée, d'un Pôle d'Attraction Interuniversitaire et du FRS-FNRS.


Article : http://authors.elsevier.com/a/1TWXi5WXUl3MXz

 

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