Nouveau patient au Centre du Cancer et d'hématologie ? Appelez le 02 764 12 00

Dépistage du cancer du sein

 

Le patient au centre de notre approche











Après quelques décennies consacrées à l’organisation et à l’implémentation des programmes de dépistage du cancer du sein aux Etats-Unis et en Europe, l’heure est à présent venue d’analyser de manière critique et constructive les résultats obtenus. Les premières analyses effectuées à la fin des années 1980 et 1990 laissaient toutes entrevoir des résultats encourageants en termes de nombre de cancers dépistés à un stade très précoce et postulaient un impact positif du dépistage sur la mortalité par cancer du sein. Néanmoins, les progrès constants de la prise en charge pluridisciplinaire du cancer du sein  ont fortement réduit les potentiels bénéfices du dépistage sur la mortalité des cancers de stade débutant. Différentes analyses ont également mis l’accent sur le coût des programmes de dépistage et sur le nombre d’examens inutiles réalisés après un dépistage qualifié de positif (1,2,3). Il est donc essentiel d’analyser les résultats obtenus de manière critique afin d’orienter et d’améliorer le dépistage.

Le problème fondamental du screening du cancer du sein réside dans la complexité de cette maladie(4,5), qui est en fait un rassemblement d’entités hétérogènes, regroupant des maladies à croissance très lente et d’autres avec un potentiel métastatique élevé déjà présent  au stade débutant de la maladie.

Il nous paraît donc important de nous focaliser sur différents points:
Il s’agit dans un premier temps d’examiner l’incidence des cancers du sein depuis l’introduction des programmes de dépistage. Aux Etats-Unis comme en Europe,  les programmes de dépistage ont abouti à une augmentation de détection des cancers du sein à un stade débutant-essentiellement des carcinomes in situ- et secondairement à des cancers infiltrants de stade I; malgré l’augmentation importante des cancers du sein in situ détectés -ils représentent  20% des cancers diagnostiqués par screening- il n’a pas été observé de diminution concomitante  de l’incidence des cancers invasifs débutants, ce à quoi on aurait pu s’attendre si les in situ représentaient le précurseur obligé des cancers infiltrants. Parallèlement, l’incidence  des cancers du sein de stade II et III n’a connu qu’une très faible  réduction d’incidence. Ces constatations suggèrent donc que les programmes de dépistage  permettent surtout une détection des cancers indolents plutôt que des cancers agressifs. Cette  réalité est particulièrement décevante puisqu’un des objectifs majeurs du dépistage est de réduire la mortalité par cancer.

Deuxièmement, nous appelons de nos voeux une modification de la terminologie : il est grand temps d’abandonner les termes de carcinome canalaire in situ et carcinome lobulaire in situ. Certains auteurs ont proposé de les remplacer par les termes de néoplasie canalaire in situ (DIN-ductal in situ neoplasia) et néoplasie lobulaire in situ (LIN- lobular in situ neoplasia) ; ce changement de dénomination, qui enlèverait le vocable à connotation négative qu’est le mot « cancer » à une maladie qui n’en est pas réellement un, devrait permettre à la fois une diminution de l’anxiété et du stress des femmes concernées par le diagnostic des lésions in situ et aboutir à une approche thérapeutique moins agressive(5, 6) de ces  lésions en  réduisant notamment l’incidence des mastectomies pour ce type de pathologie.


Après cette modification de langage, le troisième point peut être abordé: il concerne une optimalisation de la classification des néoplasies in situ en fonction de leur potentiel oncogénique, et ce grâce à la médecine moléculaire. Différentes études, notamment au Canada ont permis une stratification des lésions canalaires in situ en trois catégories selon leur agressivité et leur risque de récidive. Ces études ont en fait appliqué aux lésions in situ le score de récurrence (recurrence score of Paik) utilisé pour évaluer l’agressivité des lésions infiltrantes. Les  premiers résultats sont encourageants : ils devraient permettre d’optimaliser la prise en charge des lésions in situ en fonction de leur potentiel d’évolution. Les lésions à faible potentiel pourraient bénéficier d’une simple surveillance -exemple l’étude LORIES-(7) et le suivi  devrait être consigné dans un registre afin de disposer de données solides et prospectives sur l’évolution de ces lésions. Les lésions les plus agressives devraient quant à elles bénéficier d’une prise en charge thérapeutique optimale.

Un quatrième point concerne le screening ou plus exactement la surveillance des populations à haut risque comme les patientes porteuses de mutations génétiques, les patientes ayant des antécédents familiaux multiples ou les patientes ayant bénéficié dans l’enfance ou l’adolescence  d’une radiothérapie médiastinale. Ces groupes de patientes développent des cancers du sein, souvent agressifs, à un âge jeune et doivent absolument être incluses  dans des programmes de surveillance de qualité combinant des examens cliniques réguliers, des échographies (éventuellement combinées à des mammographies) et des  résonances magnétiques.

Conclusion

Les stratégies de dépistage et de détection précoce du cancer du sein doivent impérativement évoluer(6) en tenant compte de la très grande hétérogénéité des cancers eux-mêmes (maladies indolentes et, à l’opposé, maladies agressives) tout en tenant compte  également de la grande diversité de susceptibilité individuelle  au cancer du sein (groupes à haut risque et groupes à faible risque). Nous avons appris et apprenons à cibler les traitements en fonction de la biologie des tumeurs; de la même manière, il nous faut à présent cibler le dépistage et la prévention.


Références


1. Breast cancer surveillance consortium. Evaluating screening performance in practice2004. http://breastscreening.cancer.gov/espp.pdf(accessed November 22012). NIH publication no. 04-5490.
2. Esserman LJ, ,Shieh Y, Rutgers EJ, Knauer M, Retel VP, Mook S, et al; impact of mammographic screening on the detection of good and poor prognosis breast cancers. Breast cancer Res treat 2011; 130: 734.
3. Independent UK Panel on Breast Cancer Screening. The benefits and harms of breast cancer screening: an independent review. Lancet 2012; 380:1778-86.
4. Esserman LJ, Shieh Y, Thompson I. Rethinking screening for breast cancer and prostate cancer .JAMA 2009; 302: 1685-92.
5. Esserman LJ, Thompson IM jr, Reid B. Overdiagnosis and overtreatment in cancer: an opportunity for improvement. JAMA2013; 310: 797-8.
6. Omer ZB, Hwang ES, Esserman LJ, et al. Impact of ductal carcinoma in situ terminology on patient treatment preferences. JAMA Intern Med 2013; 173: 1830-1.
7. Francis A, Fallowfield L, Rea D. The Loris trial: addressing overtreatment of ductal carcinoma in situ. Clin Oncol 2015; 27: 6-8.


 

 

Accueil patients

accueil patients

Trouvez ici les réponses à vos questions pratiques.

La recherche clinique

En savoir plus

Nos Experts

Découvrez les experts de l’Institut Roi Albert II.

Agenda

Cliniques Universitaires St-Luc, Av Hippocrate, 10 - 1200 Bruxelles - Belgique | Tél: 02/764 11 11 | FAX: 02/764 37 03 | Plan d'accès

2019 Institut Roi Albert II, Cliniques Universitaires St-Luc  -  Crédit photos - © Clin.univ.St-Luc / H. Depasse