Nouveau patient au Centre du Cancer et d'hématologie ? Appelez le 02 764 12 00

Le dépistage du cancer colorectal : une stratégie qui sauve des vies !

Auteur:


 

Le cancer colorectal (CCR) est une tumeur fréquente dans notre population. En effet, chaque année, en Belgique, plus de 9500 nouveaux cas sont diagnostiqués ! Il est  le 2ème cancer chez la femme et le  3ème chez l’homme. Son incidence augmente surtout après l’âge de 50 ans.  Actuellement, plus de 75% des CCR sont diagnostiqués à un stade avancé justifiant souvent un traitement lourd (chirurgie, chimiothérapie), des coûts importants pour le patient et la société ainsi qu’une mortalité élevée (50% des patients atteints).

Ce cancer, asymptomatique dans sa forme débutante, se dépiste pourtant très facilement car il est prévisible. En effet, presque tous les cancers se développent au départ de polypes bénins (« adénome »). Le temps moyen pour qu’un polype se transforme en cancer est d’environ 10 ans. L’objectif du dépistage est l’identification et la résection précoce de ces polypes pour qu’ils ne se développent pas en cancer.
Le dépistage est donc une stratégie gagnante puisqu’il permet de réduire l’incidence du CCR et/ou de le diagnostiquer dans une forme débutante ce qui en diminue la mortalité.

 


S’agissant d’un réel problème de santé publique, un programme de dépistage a été initié depuis 2009 en communauté française avec malheureusement à ce jour une participation faible de la population (<15%). Il cible les personnes, de 50 à 74 ans, à risque moyen c’est à dire sans histoire personnelle ou familiale de CCR (70% des personnes), en leur proposant une recherche de sang occulte dans les selles. Si le résultat du test est positif, il doit mener à la réalisation d’une coloscopie pour exclure des polypes ou un cancer qui saigneraient à bas bruit. La performance de ce test reste moyenne et il peut y avoir des faux positifs comme des faux négatifs ! Cependant ce test devient utile si il est débuté tôt (?50 ans), répété tous les 2 ans et suivi d’une coloscopie si il se révèle positif. Ce dépistage « à grande échelle » de la population a démontré son bénéfice puisqu’il réduit de 20% la mortalité spécifique du cancer colo-rectal.

 

Pour les personnes à risque plus élevé c'est-à-dire avec une histoire personnelle et/ou familiale (au 1er degré) de polype ou de CCR ou celles sensibilisées à la problématique et désirant le meilleur moyen de dépistage,  la coloscopie reste certainement l’examen de choix !
En effet, outre l’identification des polypes, elle permet également dans la majorité des cas de les traiter (résection) dans le même temps opératoire. L’examen est donc à la fois diagnostique et thérapeutique !

 

Séquence polype -> cancer

Altération pré-cancéreuse à l'examen microscopique

 

Il est important de signaler que la qualité de l’examen càd une bonne inspection de la muqueuse du colon et le retrait éventuel de polypes dépend largement de la qualité de la préparation de l’intestin. En effet, une mauvaise préparation de l’intestin avec persistance de selles dans le colon ne permettra pas au gastroentérologue de réaliser un bon dépistage des polypes. Médecin et patient ont donc chacun un rôle actif pour un examen de qualité !

En pratique, la préparation intestinale est réalisée par le patient au domicile et consiste le plus souvent en un régime alimentaire sans fibres débuté quelques jours avant l’examen. La veille au soir de la coloscopie, une solution orale de grand volume est prise par le patient avec pour objectif un « effet de chasse » permettant de nettoyer le colon. Cette préparation est souvent réalisée en 2 temps et terminée le matin du jour de l’examen.

 

 

La coloscopie est très souvent réalisée en hôpital de jour sous sédation légère en présence d’un anesthésiste pour permettre un meilleur confort pour le patient. L’examen dure en moyenne une quinzaine de minutes.  Après un temps passé en salle de réveil, le patient revoit alors son gastroentérologue qui lui remet les résultats de l’examen ainsi que les recommandations pour le suivi ultérieur. S’il y a eu une résection de polypes, une coloscopie de contrôle sera souvent indiquée dans les délais indiqués par le médecin. Les résultats de l’analyse microscopique des polypes réséqués sont adressés environ 8 à 10 jours plus tard au médecin traitant du patient.
En moyenne, la coloscopie est réalisé tous les 5 ans chez la majorité des patients !

En résumé, le cancer colorectal est :
 
- une maladie fréquente (il concernera 1 individu/20 dans la tranche d’âge 50-74 ans),
- une maladie grave avec une mortalité élevée (seconde cause de décès par cancer)
- une maladie curable (résection des polypes, détection un stade précoce).


Détecté à un stade précoce le cancer colorectal peut être guéri dans 9 cas sur 10 ! 



Références

1. Registre du cancer – 2016
2. European guidelines for quality assurance in colorectal cancer screening and diagnosis. European Communities – First edition – 2011
3. www.cancerintestin.be

 

 

 

Nos Experts

Découvrez les experts de l’Institut Roi Albert II.

Les types de tumeurs


Agenda

Cliniques Universitaires St-Luc, Av Hippocrate, 10 - 1200 Bruxelles - Belgique | Tél: 02/764 11 11 | FAX: 02/764 37 03 | Plan d'accès

2019 Institut Roi Albert II, Cliniques Universitaires St-Luc  -  Crédit photos - © Clin.univ.St-Luc / H. Depasse